Thomas DEMACHY, 38 ans, a crée Indeego Games, une société de jeux vidéo, à Marseille, il y a 3 ans. Chez cet ingénieur sorti en 1996 de l'ISEN, l'école d'ingénieurs de Toulon, avec un diplôme en informatique temps réel, reconnu comme étant la base de la programmation de console de jeux, la volonté de travailler dans le jeu vidéo a toujours été omniprésente et créer des jeux a toujours été sa passion. Après avoir travaillé dans deux entreprises régionales d'informatique scientifique et technique : Optis à La Farlède près de Toulon (simulations optiques), et MCube à Marseille (calcul des mécaniques des fluides), fermée depuis, Thomas Demachy intègre en 2001 le studio de création Titus à Paris. Programmeur puis chef de projet, il dirige ensuite le studio avant de devenir directeur de production. Mais en 2005, Titus ferme.
Pour Thomas Demachy, il est temps de revenir à Marseille, mais cette fois, avec un projet à développer. Ce sera Indeego Games, sa propre société de jeux vidéos, et plus tard GAMESUD, l'association dont il est co-fondateur et qui fédère les professionnels de la filière jeux vidéo de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur :
« Pour développer mon projet, je me suis adressé aux structures d'accueil et d'accompagnement qu'offre Marseille pour créer sa propre entreprise dans le domaine des jeux vidéo. A Marseille, il y a quelque chose d'assez particulier, c'est qu'il y a un tissu économique et d'aide assez développé, que j'appelle « le Cercle de Connaissances ». Vous y entrez par ou vous voulez, peu importe, la première personne que vous allez voir va vous envoyer en voir une seconde, puis une troisième…ainsi de suite, et quand la dernière vous renvoie à la première personne, c‘est que vous en avez fait le tour ! Au final, vous aurez fait le tour de toutes les structures qui prodiguent des conseils. J'ai du commencer par Provence Promotion dont le rôle est d'inciter les entreprises à s'installer ou de se créer en Provence, et bien sûr de les aider à le faire, de manière à développer le tissu économique. Ils m'ont ensuite orienté vers Marseille Innovation, la pépinière d'entreprises, et l'Incubateur de la Belle de Mai, porteurs de projets innovants en lien avec la recherche. L'objectif étant que je postule avec mon projet pour entrer dans ces structures. »
Q : Ils vous ont, en quelque sorte, aidé à installer votre entreprise dans des locaux ?
« Non car à l'époque, l'entreprise au sens juridique n'existait pas. Ce n'était qu'un projet. Cette période a été très longue ! Tout d'abord, l'Incubateur m'a refusé le projet, pas assez innovant ! Je suis donc passé par la pépinière d'entreprises, avant enfin d'entrer à l'Incubateur de la Belle de Mai, deux après avoir engagé la démarche ! »
Q : Que vous apporte l'Incubateur ?
« Ce qu'il apporte, c'est purement considérable ! De l'accompagnement bien sûr, du réseau, de la réflexion sur le fond, des locaux mis gracieusement à la disposition au Pôle Média de la Belle de Mai, qui regroupe ce qui se fait de mieux dans le monde du développement multimédia, enfin vous pouvez bénéficier d'une participation financière attribuée pour des prestations extérieures en lien avec votre projet. Derrière l'Incubateur, il y a l'Etat, la Région PACA et la ville de Marseille. »
Q : Quels types de conseils, par exemple ?
« A l'Incubateur, il y a deux chargés d'affaires qui viennent soit du monde de l'entreprise ou de l'accompagnement et qui sont là pour recentrer les porteurs de projets et leur faire exprimer leurs besoins réels. C'est presque du coaching ! Aucun des deux n'est spécialiste de droit, de finance ou de juridique, ils ont des compétences mais ils s'appuient sur un réseau d'experts sur lesquels ils vont orienter les porteurs de projets, en cas de besoin spécifique dans des domaines comme la finance, le juridique, le social, le marketing,… »
Q : Selon vous, qu'est ce qui différencie Marseille d'une autre ville, pour la création d'une entreprise dans votre secteur d'activité ?
« Depuis le début des années 2000, il y a une véritable volonté de la ville de Marseille de développer le domaine du multimédia, et plus particulièrement le jeu vidéo. Regardez le Pole Média de la Belle de Mai qui rassemble toutes les entreprises du secteur. Cela s'est traduit aussi par l'existence d'associations d'entreprises, au sein des PRIDES, qui sont tournées vers le multimédia, l'image et maintenant le jeu vidéo. Il y a une véritable reconnaissance de ce secteur d'activité. »
Q : Quels conseils alors à un jeune entrepreneur qui souhaiterait s'implanter dans cette région ?
« Qu'il se tourne d'abord vers les structures d'aide et d'accompagnement qui existent. Il peut aussi s'appuyer sur l'association GAMESUD que nous avons fondée avec Lexis Numérique, et les studios de création Bip Media et Exkee. Cette association soutenue par Provence Promotion a pour but de fédérer les professionnels de la filière jeux vidéo de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle saura guider un jeune entrepreneur et lui donner dans un premier temps une notoriété en interne car pour être acteur dans le domaine du jeu vidéo, il faut avant tout être connu des professionnels de la région, et ensuite être connu du grand public et de ses clients. »